Ronald Euler3

Né en 1966 à Sarre-Union. Etudes de littérature et civilisation allemandes à Strasbourg. Mémoire de maîtrise sur « La Problématique alsacienne dans le poème des « Orties noires » de Claude Vigée ». Enseignement en classe bilingue paritaire à l’école primaire.
« Je suis né dans les années soixante à Sarre-Union, en Alsace Bossue, cet appendice lorrain en terre alsacienne ou alsacien en terre lorraine. Mes parents me transmirent le parler local, un dialecte germanique de la famille du « francique rhénan lorrain », communément appelé Lothringerplàtt, en fait de l’allemand dialectal.
Langue qui n’avait pas voix au chapitre à l’école, langue si peu reconnue par les instances officielles, langue malmenée par les idéologues et uniformisateurs de tous bords, mais aussi par le conformisme, l’indifférence, la veulerie de ses propres locuteurs « complices et victimes » (Claude Vigée) d’une politique d’assimilation séculaire.

Pour moi, c’est la langue de mon être le plus intime, qui permet de dire les choses telles que je les ai vécues et les vis au plus près de mon corps, de mon cœur et de mon âme. Elle dit les choses comme elles sont. Elle me permet de dire ce qui à mes yeux est essentiel dans la vie. Ma langue se moque de l’air du temps. Elle est libre et parle le langage du vent, du feu, de l’enfant et de l’amour.
Je fais le rêve d’une Alsace, où les dialectes, à côté du français et de l’allemand standard – leur langue de référence littéraire, aient une juste place, à la hauteur de leur richesse linguistique, ainsi que de leur valeur historique et humaine.

Je fais le rêve d’une Alsace fière de sa différence, généreuse et ouverte dans une France riche et garante de sa diversité au sein d’une Europe unie et pacifique, respectueuse des êtres et de leur environnement.»